10 habitudes à perdre pour parler en public.

julia-boorstin-presentation-2Une habitude est une façon courante de penser, de sentir, ou de se comporter, qui tend à se produire inconsciemment, explique Darlene Price, président de Well Said, Inc. et auteur de « Well Said! Presentations and Conversations That Get Results« .

Voici, d’après elle, la traduction du top 10 des habitudes que les présentateurs doivent éviter à tout prix, avec leurs conséquences et les solutions possibles :

1. Ne pas adapter votre message à votre public

Comme l’a dit Benjamin Disraeli, Parlez à un homme de lui-même et il va écouter pendant des heures. De la même manière, si vous ne parlez pas à votre public de lui-même, il va très probablement ne pas vous pas écouter », dit Price. Les conférenciers tombent fréquemment dans la mauvaise habitude de donner des présentations génériques qui ne sont pas adaptées aux besoins de ce public particulier. Les auditeurs savent quand le conférencier n’a pas fait son travail, et leur réaction va passer de la déception et de la frustration à la colère et au décrochage.

Pour éviter cela, demandez-vous: Qui est mon public ? Quelles sont leurs questions brûlantes ? Comment mon message va-t-il les aider ? Que savent-ils déjà à propos de mon sujet ? Que vais-je leur demander de faire en réponse à mon message ?

Toutes les meilleures pratiques en matière de prise de parole en public dépendent de ce premier principe: Connaître son auditoire.

2. Ne pas fixer le public dans les yeux

Du débutant aux habitués, la majorité des intervenants ne parviennent pas à maintenir un contact visuel significatif et soutenu avec leurs auditeurs. Inconsciemment, leurs yeux se précipitent de personne à personne, tournant autour de la pièce, sans jamais s’arrêter pour voir réellement les destinataires de leur message, dit Price. Un manque de contact avec les yeux implique une liste de problèmes : le manque de sincérité, le désintérêt, le détachement, l’insécurité, la sournoiserie, et même l’arrogance.

Pour garder une bonne connexion avec les auditeurs, il faut maintenir un contact visuel pendant au moins deux à trois secondes par personne, ou assez longtemps pour compléter une phrase. La communication visuelle est la compétence non verbale la plus importante dans la boîte à outils d’un conférencier.

3 Les tics qui distraient

Il y a au moins 20 tics communs à éliminer, tels que : serrer ou se tordre les mains, aller et venir, en gardant les mains dans les poches ou en faisant tinter son contenu, de tourner sa bague, ne pas lâcher le pupitre, lécher ses lèvres, ajuster ses cheveux ou ses vêtements, jouer avec un stylo, bouger constamment la tête, placer ses bras derrière le dos, et de se toucher le visage. Une ou plusieurs de ces habitudes peuvent distraire le public de votre message et de compromettre votre crédibilité, explique Price.

Pour y remédier, enregistrez-vous en train de parler et regardez votre comportement. La pratique régulière permet de réduire l’anxiété. Prenez des cours de prise de parole en public ou sollicitez l’aide d’un coach pour éliminer les mouvements inutiles.

4. Ne pas faire d’entrainements

Les présentateurs les plus compétents se  préparent. Ils connaissent leur sujet, organisent leur contenu, conçoivent un soutien visuel et étudient leurs notes, dit-elle. Toutefois, selon un récent sondage mené par Price, moins de 2% de plus de 5000 présentateurs d’affaires des 100 sociétés les mieux classées par le magazine Fortune procèdent à une répétition générale et répètent leur présentation à haute voix. Cette mauvaise habitude entraîne le public à voir et entendre une présentation peu raffinée.

Pour optimiser leur perception et obtenir les résultats que vous voulez, répétez l’ensemble de la présentation à voix haute au moins une fois, et l’introduction et la conclusion au moins trois fois, suggère-t-elle.

5. Manquer d’énergie

En tant que détenteur du record Guinness du plus grand nombre de présentation du même spectacle de Broadway, George Lee Andrews est célèbre pour jouer le rôle de Monsieur André dans Le Fantôme de l’Opéra, dit Price. Certes, il a dû se sentir fatigué pendant au moins une ou deux fois de ses 9382 performances, mais il ne l’a pas montré, puisque son contrat a été renouvelé plus de 45 fois en 23 ans. L’enthousiasme est ressenti comme la marque d’une jouissance avide et d’un intérêt actif. Ce trait de caractère est le plus désiré chez un conférencier. Par contre, un discours délivré de manière ennuyeuse, avec une voix basse et monotone, avec des expressions du visage ternes, et une léthargie générale est ce qui est le plus détesté.

Pour éviter de perdre votre auditoire, montez le niveau d’énergie. Parlez de manière expressive, souriez sincèrement, déplacez-vous naturellement et profitez de l’instant.

6. Déversement de données

C’est compréhensible. Après tout, notre crédibilité est en jeu quand nous prenons la parole en public, dit Price. Donc, pour être sûr, nous nous concentrons presque exclusivement sur ​​ce qu’Aristote appelait « Logos », qui comprend les fonctions du cerveau gauche : la logique, le langage, l’analyse, le raisonnement, la pensée critique, et les chiffres.

Quand nous comptons trop sur ce type de contenu, nous finissons par parler trop longtemps, par lire trop de diapositives illisibles et à tourner le dos à l’élément le plus important de tous : le public. Laissez tomber l’habitude de déverser trop de données suggère-t-elle. Cette manière de procéder fait perdre le public et compromet votre capacité innée à inspirer, connecter, et persuader.

7. Pas inspirant

Le Pathos est encore plus essentiel à la persuasion que Logos,  dit Aristote. Il comprend les activités du cerveau droit : les émotions, les images, les histoires, les exemples, l’empathie, l’humour, l’imagination, la couleur, les sons, le toucher, et le rapport dit Price. Des études montrent que les êtres humains prennent généralement des décisions fondées sur les émotions premières (Pathos), puis ensuite seulement nous cherchons les faits et les chiffres pour justifier.

Les membres du public vont faire de même avec vos mots, les actions et visuels. Ils cherchent en premier à générer une émotion en eux (la joie, la surprise, l’espoir, l’enthousiasme, l’amour, l’empathie, la vulnérabilité, la tristesse, la peur, l’envie, la culpabilité). Ensuite, passer à l’analyse pour justifier l’émotion .

Une présentation engageante, mémorable, et persuasive est équilibré à la fois en terme d’informations et d’inspiration. Elle parle à la tête et au cœur, en s’appuyant sur ​​des faits et des sentiments, dit-elle.

8. Manque de pauses

De nombreux orateurs ont pris la mauvaise habitude de se précipiter sur leur contenu. Comme un train fou, ils dévalent la piste hors de contrôle, incapables d’arrêter et tourner à des moments critiques. Les causes en sont souvent l’anxiété, l’adrénaline, ou les contraintes de temps, dit Price. Peu importe la raison, il y a trois moments durant lesquels vous devez vraiment faire une pause : avant et après que vous ayez dit quelque chose de très important dont vous voulez que votre auditoire se souvienne; avant et après la transition d’un point clé à un autre, et entre votre introduction, le corps principal et la conclusion.

Lorsque vous utilisez consciemment le silence comme un dispositif rhétorique, vous serez plus confiant, votre message sera plus percutant, et votre public se souviendra de ce que vous lui avez dit.

9. Pas d’introduction percutante

Selon Platon, Le commencement est la partie la plus importante du travail. Pourtant, c’est une mauvaise habitude commune des conférenciers de perdre ces premières secondes précieuses de manière inutile en racontant une blague, en faisant la lecture d’un ordre du jour, en s’excusant inutilement. En procédant ainsi, ils ne parviennent pas à attirer l’attention du public et à les motiver à écouter , dit-elle. Vous, votre message et votre auditoire méritez beaucoup plus.

Alors, faites une introduction percutante. Investissez dans la pensée, le temps et les efforts pour élaborer et mémoriser la partie la plus importante du travail. Par exemple, racontez une histoire pertinente d’engagement, indiquez une statistique étonnante ou posez une question invitant à la réflexion.

10. Conclure par des questions-réponses

Il y a une bonne chance que vous ayez déjà entendu un orateur terminer sa présentation par une phrase assez brusque: « Voilà. Vous avez des questions ? » Pour le public, c’est comme un feu d’artifice avec une fusée humide, autrement connu comme un raté, dit Price. Votre bouquet final est votre dernière chance de renforcer vos points clés, d’assurer la mémorisation de votre message, et de motiver le public à l’action. Evitez la mauvaise habitude de terminer votre présentation par un jeu de questions-réponses qui risque de mettre fin à votre présentation sur un sujet de second plan.

C’est bien d’inviter les commentaires et les questions de l’auditoire, toutefois, assurez-vous de mettre fin de manière  forte. Votre conclusion doit se terminer par un résumé fort. Développez l’habitude de dire à la fin ce que vous voulez que votre auditoire se souvienne plus, conclut-elle.

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